SIAL 2026 : pourquoi la veille
agroalimentaire est indispensable
aux créatifs
Marion Moustacas26 octobre 2026
Un packaging ne se dessine pas pour le rayon d’aujourd’hui. Il se dessine pour celui où il arrivera dans un an ou deux, et qui aura changé entre‑temps. C’est pour cette raison que je suis de près les grands salons comme le SIAL, même quand je ne peux pas y aller.
Cette année, je n’étais pas à Villepinte : j’ai suivi le salon à distance, par la presse spécialisée et les réseaux sociaux. Sur les dix tendances relevées par les organisateurs, au moins six se traduisent directement en choix de design.
Le SIAL 2026 en quelques chiffres
Le SIAL Paris s’est tenu du 17 au 21 octobre 2026 à Paris Nord Villepinte, avec environ 8 000 exposants et 295 000 visiteurs professionnels annoncés. Le concours SIAL Innovation fêtait ses 30 ans, avec 775 produits retenus sur plus de 2 750 présentés.
Le palmarès donne déjà une piste. Le Grand Prix Or est allé à ZEEN Tech, une technologie qui frit avec de l’eau à la place de l’huile. Le Bronze récompense GREEN Matcha et ses capsules de matcha latte végan : ici, c’est le format qui fait l’innovation.
Pour une directrice artistique, le prix le plus parlant est le Grand Prix Emballage, remis à Sei di Coccio : un fromage italien affiné dans une coque d’argile crue qui sert aussi d’emballage. Ici, l’emballage fait partie de la recette.
Cinq tendances qui changent la façon de dessiner un packaging
Des formats plus petits, où le bénéfice remplace le volume
Selon Kantar, cité dans le cahier de tendances SIAL Insights, une personne sur deux choisit ses produits fonctionnels pour la santé digestive, l’énergie ou l’immunité. Circana anticipe des formats plus petits, où la valeur se déplace « du volume vers le bénéfice ».
Sur une petite face avant, le bénéfice doit se lire en une seconde, parfois avant la marque elle-même. La hiérarchie devient plus serrée à chaque centimètre perdu.
Le plaisir devient une expérience
D’après ProtéinesXTC, plus de la moitié des innovations lancées dans le monde en 2025 jouent la carte du plaisir.
En rayon, cela autorise des partis pris plus affirmés, avec des couleurs franches et des textures que l’image laisse deviner. Un packaging trop sage risque de passer à côté.
L’origine, entre proximité et ailleurs
63 % des Français disent privilégier les aliments fabriqués près de chez eux, mais 95 % des consommateurs dans le monde s’intéressent à au moins une cuisine étrangère (Kantar).
Il faut donc savoir manier les codes rassurants du local et ceux, plus évocateurs, du voyage, sans les mélanger au hasard sur une même gamme.
Moins d’emballage, et autant de design
Selon le cahier de tendances, l’engagement environnemental se lit désormais dans le produit lui-même, notamment dans la réduction de son emballage.
Moins de carton, c’est moins de place pour les mentions, les visuels et les arguments. Il faut pourtant donner autant envie, ce qui oblige à choisir ce qu’on garde.
Exister avant le rayon
Selon SIAL Insights, les produits portés par des créateurs de contenu ont généré 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en France l’an dernier. Le premier contact avec un produit se fait de plus en plus sur un écran, avant le rayon.
Un packaging se juge donc aussi en photo, sur un téléphone. La question à se poser devient simple :
« Est-ce que quelqu’un aurait envie de le photographier ? »
Le végétal, un cas d’école
Les lancements de substituts à la viande ont baissé de 30 % (ProtéinesXTC), alors que leur consommation progresse de 16 % en Europe (Circana). Les deux chiffres ne se contredisent pas : on lance moins de faux steaks, et on mange plus de légumineuses et de produits fermentés.
Les codes empruntés à la boucherie ont donc fait leur temps. Le végétal doit maintenant inventer ses propres signes, plus gourmands et moins militants.
Pourquoi la veille fait partie de notre métier
Je travaille depuis quinze ans sur le packaging grande consommation, dont dix ans chez Carré Noir. Quand un client évoque le GLP-1 ou la « valeur ajoutée accessible », je dois comprendre ce que cela change pour son produit.
La veille aide aussi à repérer les codes visuels qui s’usent. Et comme un packaging reste plusieurs années en rayon, le concevoir sans connaître les tendances, c’est prendre le risque qu’il paraisse daté le jour de son lancement.
Comment je fais ma veille
Je ne peux pas être sur tous les salons. Je suis l’actualité agroalimentaire dans la presse spécialisée et je lis les cahiers de tendances des salons et des cabinets d’études. Les réseaux sociaux complètent cette lecture avec les retours des exposants, des acheteurs et des designers.
Le plus important vient ensuite : relier ces informations aux projets. Chaque tendance repérée devient une question à poser au moment du brief.
Vous préparez une nouvelle gamme ou une refonte ? L’audit gratuit est un bon point de départ pour confronter votre packaging à ces tendances.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le SIAL Paris ?
C’est le salon international de l’alimentation, organisé tous les deux ans à Paris Nord Villepinte. L’édition 2026 s’est tenue du 17 au 21 octobre.
Quelles innovations ont été primées au SIAL 2026 ?
Le podium réunit ZEEN Tech (Or), Patislove (Argent) et GREEN Matcha (Bronze). Le Grand Prix Emballage est allé à Sei di Coccio, un fromage affiné dans une coque d’argile.
Pourquoi un créatif doit-il suivre l’agroalimentaire ?
Parce qu’un packaging se conçoit pour le rayon de demain. Connaître les tendances permet de parler le même langage que les équipes marketing et d’éviter les codes déjà usés.
Sources
SIAL Paris, « Lauréats SIAL Innovation 2026 » · SIAL Paris, communiqué « SIAL Paris 2026 » · Amélie Dereuder, « Les 10 tendances du Sial Paris 2026 », Process Alimentaire, 14 octobre 2026 · Lab Alimentation Nouvelle-Aquitaine, « SIAL Paris 2026 » · Je vous chouchoute, « SIAL 2026 : souveraineté, innovations, ambitions », 19 octobre 2026 · Xtra Food Magazine, « SIAL Paris 2026 food trends »





